L’importance de corriger efficacement les erreurs à l’oral des enfants:

Je remarque très souvent les erreurs orales commises par les adultes de notre société. En effet, lorsque j’entends parler des gens à la télévision, à la radio ou lors d’un entretien; mon constat reste toujours le même : « plusieurs adultes commettent des erreurs à l’oral ».

Ce qui me fait réfléchir au fait qu’il est extrêmement important de corriger les enfants lorsqu’ils parlent (quand cela est possible pour vous de le faire, évidemment). Je suis très consciente que ce ne sont pas tous les adultes qui ont la capacité de corriger les erreurs des enfants. En effet, nous savons que plusieurs personnes ne maitrisent pas bien la langue française. Par contre, il ne faut pas oublier que les enfants apprennent souvent en imitant et en reproduisant ce qu’ils entendent dans leur milieu . Il n’est donc pas surprenant que ces derniers commettent des erreurs.

À l’école, je crois qu’il est très important que les enseignants continuent de corriger les erreurs que les enfants font lorsqu’ils s’expriment (quand cela est possible, évidemment). Par contre, pour plusieurs enfants, le fait de simplement les reprendre ne suffit pas. Idéalement, il faut intervenir avec une méthode efficace pour permettre un changement et une correction des erreurs commises. Cette démarche se fait en plusieurs étapes :

identification de l’erreur par l’adulte, correction à l'oral (la reformulation), répétition de la correction par l’enfant (selon le cas), écriture de la correction (dans un petit cahier), relecture fréquente des exemples corrigés (revision).

Voici quelques erreurs à l’oral, commises par des enfants :

Dois-je vous rappeler que plusieurs adultes commettent également quelques-unes de ces erreurs dans différents contextes? Ils n’ont sans doute malheureusement pas été corrigés efficacement lorsqu’ils étaient plus jeunes.

Des exemples d'erreurs avec une mauvaise utilisation de l’accord des verbes:

Ils jousent contre… (ils jouent)

Ils risent... (ils rient)

Ils sontaient partis (ils étaient partis)

Je veux que ça « seille » bon (que ce soit bon)

J'ai répond, il m'a répond (j'ai répondu, il m'a répondu)

Des exemples d'erreurs avec le subjonctif présent des verbes :

Il faut que ça continusse (ça continue)

Je veux que tu lis ou que tu dis (que tu lises, dises)

Des exemples d'erreurs avec une mauvaise utilisation des auxiliaires avoir et être:

Je m’ai trompé (je me suis trompé)

Je m’avais perdu (je m’étais perdu)

Des erreurs avec les « que »:

Quand que le gars va arriver (quand le gars ou lorsque le gars…)

Quand qu’on va aller… (quand on va ou lorsqu'on va…)

Des erreurs avec les « si » qui n’aiment pas les « rais » (le conditionnel présent):

Si ça serait (si c’était), si j’aurais (si j’avais)

Des erreurs avec le genre « féminin-masculin »:

À toutes les jours (à tous les jours)

Une ordinateur, une exemple (un ordinateur, un exemple, etc.)

Des erreurs avec l’accord du pluriel:

C’est les feuilles pour… (ce sont les feuilles)

C’est les garçons… (ce sont les garçons)

Mauvaise utilisation des pronoms:

Lui que tu préfères (celui que…)

Il fait quel son? En parlant de la lettre (elle fait…)

Des erreurs diverses:

Vous faites-tu… (faites-vous)

Y’ont-tu... (est-ce qu'ils ont?)

On dis-tu… /on vas-tu…/ on fait-tu.../ C'est-tu correct?

(est-ce qu’on dit…/ est-ce qu’on va / est-ce qu’on fait/ est-ce que c'est correct?)

Je n’en mange, je n’en veux, je n’en ai (j’en mange, j’en veux, j’en ai)

Ça va t’être amusant (ça va être)

Il faulait (il fallait)

Pour terminer, si nous voulons que les adultes de demain communiquent avec un meilleur français oral; il serait pertinent de bien comprendre toute l’importance de corriger les enfants au quotidien. Il serait également très aidant de créer un petit cahier « aide-mémoire » dans lequel toutes les erreurs corrigées de l’enfant sont consignées. La révision et la relecture de ces erreurs corrigées seraient nécessaires pour amener l’enfant à intégrer le tout et ainsi diminuer peu à peu les erreurs. Bien entendu, il faut utiliser notre bon jugement et doser les

interventions auprès de l'enfant lorsque cela est nécessaire; car on ne veut surtout pas les embêter. On veut qu'ils apprennent dans le plaisir!!!

Article 2 rédigé par Sylvie Leblond, orthopédagogue et consultante au privé

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